Expatriation

Un an après, pourquoi l’Autriche ne me manque pas

Il y a un an jour pour jour, je rentrais en France après avoir passé 9 mois d’expatriation en Autriche. Aujourd’hui, c’est l’occasion de faire un petit bilan un an après …

Voilà, ça fait un an et quelques jours que j’ai quitté Linz et les paysages autrichiens. Un an que j’ai retrouvé l’agitation et le chaos parisien. C’est long et court à la fois un an. Je n’ai pas vu passer ces derniers mois pour tout vous dire. Entre les cours, mes divers voyages et ma maman, mon emploi du temps fut bien rempli.

Ces quelques mois m’ont permis de réfléchir et de me rendre compte de façon assez rapide, je dois le dire, qu’il fallait que je reparte. Je constate que même avec tous les efforts possible et imaginable, je ne me suis tout simplement pas adaptée à la vie en France. J’ai beau faire de mon mieux, vraiment, je n’y arrive tout vraiment pas. J’ai de plus en plus cette impression que je ne suis pas à ma place. Cette réflexion, m’a aussi permis de me rendre compte que le pays où j’ai habité ne me manquait pas.

En effet, j’ai constaté que l’Autriche ne me manquait absolument pas. Ce fut une expérience intéressante d’y vivre, mais je suis très mitigée sur mes impressions un an après. En règle générale, je suis une personne assez nostalgique voir sentimentale, mais là vis-à-vis de l’Autriche c’est très tranché, à mon grand étonnement. Je n’ai pas particulièrement gardé de contact avec les personnes que j’ai connu là-bas sauf quelques-unes de mes collègues et deux ou trois de mes élèves avec qui j’ai gardé contact. Quant au lycée privé où je travaillais, je n’ai pas le moindre contact avec mes anciens collègues, et c’est très bien ainsi.

Le pays en soi ne me manque pas non plus. Je pense même que je ne suis pas certaine d’y retourner un jour. Je crois que j’ai fait le tour, je laisse ma place à d’autres.
Je ne sais pas trop à quoi tout cela est dû : l’état d’esprit dans lequel je me trouvais à mon départ, le fait qu’émotionnellement c’était plutôt compliqué pour moi ou bien l’environnement où j’évoluais.

Linz est une ville vraiment sympathique qui mérite d’être mieux connue, mais ça s’arrête là. Peut-être est-ce dû aux personnes que j’ai rencontrées, que ce soit des autrichien-ne-s ou des assistant-e-s de français dont je n’étais absolument pas proche et franchement, c’est une chose que je ne regrette absolument pas. Sauf quelque rares personnes, là encore, des exceptions avec qui je garde un lien très fort. Et disons-le clairement, l’Autriche, ou plutôt les autrichiens sont renfermés contrairement à ce qu’on a pu me dire. À Vienne, c’est différent et pareil dans les villes touristiques mais la réalité là. Le racisme y est monnaie courante, combien de fois, ai-je dû subir des regards franchement désagréables ou parfois même des réflexions.

De mon point de vue, je crois que vivre en Autriche peut être une expérience intéressante, mais en vivant à Vienne ou à Salzbourg à la limite. Mais dans une autre ville, c’est plus compliqué. L’Autriche est un pays enclavé et disons-le pas très facile d’accès. Je me suis d’ailleurs amusé à compter combien de temps, je mettais pour faire le trajet entre Linz et Paris. De porte-à-porte, j’ai compté 12 heures : transports en commun, train, avion, etc inclus.

Donc quand vous faites ce trajet presque tous les mois, je peux vous dire que c’est très long, épuisant, et cela, encore plus lorsque j’avais travaillé juste avant. Vous allez me dire que c’est un choix. Oui, c’est un choix que j’ai assumé pendant 9 mois. Mais très honnêtement, je ne retenterais pas l’aventure. L’Autriche est un an après, une déception. Ses paysages sont peut-être splendides, mais y vivre est réellement une tout autre expérience.

 

 

4 Comments

  1. Few Miles Away

    20 juin 2018 at 17 h 59 min

    J’imagine qu’il y a beaucoup de facteurs à prendre en compte pour garder une bonne impression de son expatriation et du pays où on s’expatrie : les rencontres, la ville, le travail et pleins d’autres choses encore…
    Nous allons sûrement retourner en France d’ici quelques années et je me demande si je serai nostalgique de San Francisco. Et surtout, tout comme toi, est-ce que je vais me sentir a ma place en France après avoir vécu 8 ou 9 ans dans un pays totalement différent… We will see !

    1. Nuage Nomade

      15 juillet 2018 at 13 h 05 min

      Je pense que oui, dans mon cas oui. Après l’état d’esprit dans lequel j’étais n’a pas beaucoup aidé. Je rentrais en France pratiquement une fois par mois, j’avais très peu de contact avec les gens sauf mes collègues et quelques ami(e)s. Après, je crois que l’Autriche n’était pas un pays pour moi, ça n’a pas aidé non plus je pense. A ça, je pense que ça dépend beaucoup de ce qu’on a vécu sur place. Autant l’Allemagne je m’y sens extrêmement bien et ça me manque, la preuve, je repars, autant l’Autriche pas du tout. Pas certaine que j’y retourne. C’est bien pour ça l’expatriation, ça te permet de te rendre compte de ce dont tu as besoin et surtout là où tu te sens le mieux.

  2. Audreycologne

    22 juin 2018 at 15 h 39 min

    C’est drôle ça, j’ai toujours trouvé les Autrichiens très ouverts (hormis quelques exceptions bien sûr) et très chaleureux. D’ailleurs il n’y a que là que plusieurs m’ont accueillie à bras ouverts sans pour autant vraiment me connaître, même dans les petites villes loin des touristes, chose que je ne connais pas ailleurs. Après, ils me prenaient souvent pour une Autrichienne alors est-ce que ça a joué, je ne sais pas. C’est dommage quand même que tu es fait ces mauvaises expériences et c’est parfaitement compréhensible que tu ne penses pas forcément y retourner un jour.

    1. Nuage Nomade

      15 juillet 2018 at 13 h 09 min

      Je pense qu’il y a véritablement une grosse différence entre y aller en vacances et y vivre. Autant j’ai adoré Vienne, autant le reste je ne peux pas. Je pense que ça dépend où tu vas aussi. A certain endroits je n’ai pas eu soucis, mais à d’autres c’était franchement pas possible. Les regards méchants et méfiants franchement c’est pas possible. Mais je suis contente de voir que mes anciennes collègues pour la plupart elles-mêmes reconnaissent que parfois en Autriche c’est vraiment très tendu.

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