Expatriation

#HistoiresExpatriées -Travailler comme assistante de recherche en Allemagne

Pour ma toute première participation au rendez-vous mensuel #HistoiresExpatriées créé par Lucie du blog L’Occhio di Lucie, j’ai choisi de vous parler de mon expérience d’assistante de recherche en Allemagne, lors de mon séjour Erasmus d’un an à Mannheim entre 2015 et 2016.

J’aurais très bien pu parler de mon expérience d’assistante de français en Autriche, ou d’enseignante dans un jardin d’enfants en Allemagne. Mais je pense que cette expérience d’assistante de recherche est sans doute plus intéressante, car elle permet d’avoir une idée et ainsi de mieux cerner un univers qu’on ne connaît pas spécialement, celui du travail en université, et plus spécifiquement en Allemagne …


Comment suis-je devenue assistante de recherche ? 

Pour devenir assistante de recherche, c’est assez simple. Il faut être étudiant(e) et inscrit(e) dans l’université où l’on étudie. Les universités en Allemagne ont pour la majorité une page sur leur site internet avec des offres d’emploi à pourvoir à l’université. Il suffit simplement de postuler en envoyant un CV et une lettre de motivation, en général en allemand. Cependant, il est très rare voir quasi impossible d’avoir un emploi d’assistante de recherche en étant étudiante Erasmus. La majorité des assistant(e)s sont recrutés au mérite directement par leurs enseignants.
Dans mon cas, j’ai bénéficié d’un petit coup de pouce pour la simple et bonne raison que l’on m’a offert le travail. En effet, j’avais un de mes enseignants, un Français qui travaillait à l’université au sein du département des langues romanes et qui enseignait la littérature.
Lors d’une réunion à laquelle il assistait, des collègues lui ont demandé s’il connaissait un(e) Français(e) parmi les étudiant(e)s qu’il avait en cours et qui serait susceptible de les aider à faire une transcription d’une interview donnée par Jérôme Ferrari (Prix Goncourt 2012) dans le cadre d’un colloque organisé par le département à l’université de Mannheim par ces deux mêmes collègues. Et il a simplement dit qu’il connaissait quelqu’un qui serait intéressé et qui en plus justement prépare un mémoire sur les prix littéraires en France et en Allemagne pour son cours. Cette personne, c’était moi !
J’ai échangé par mail avec l’enseignante, nous avons eu un petit entretien et j’ai eu le travail. Cette transcription devait permettre l’écrire d’une anthologie sur les œuvres de Jérôme Ferrari. Et d’ailleurs, elle a été publiée il y a quelques mois et je suis très contente de savoir que mon travail y figure !

 

La bibliothèque dans mon bureau. Motivant non ?

 

 

Quel est le rôle d’une assistante de recherche ? 

À la base, le travail d’assistante de recherche ou plutôt de Wissenschaftliche Hilfskraft (HiWi) consiste à travailler au sein d’un UFR à l’université. À Mannheim, la majorité des assistantes travaillent 20 heures par mois avec un contrat en CDD renouvelable chaque semestre, c’est donc vraiment un travail pour les étudiants.
C’est assez simple, on aide à organiser et préparer les cours, on assiste aux réunions du département, on aide à l’organisation de colloques, lectures ou encore d’événements spécifiques comme la Soirée Française ou la Noche Espagnola qui a lieu chaque année, on va à la BU pour chercher des livres pour les enseignants-chercheurs. Bref, vous l’aurez compris, c’est vraiment un job varié et dans lequel on peut difficilement s’ennuyer.
À noter également, que chaque enseignant a plusieurs assistant(e)s. Dans mon cas, j’ai été l’assistante de deux enseignantes qui ont déjà 2 ou 3 assistantes, mais là c’était important pour eux d’avoir une française pour réaliser la tâche que je devais accomplir.


Quels sont les avantages et les inconvénients ?

Les avantages :

  • La diversité du travail parce qu’on s’ennuie rarement.
  • Une expérience unique quand on est en Erasmus
  • On se crée un véritable réseau avec à la clé de très belles opportunités de travail ou de poursuites d’étude en Allemagne.
  • On rencontre des écrivains que l’on n’aurait pas la chance de rencontrer en France de façon aussi facile et accessible.
  • Dans mon cas, une chose que j’ai énormément apprécié, c’est la liberté que j’avais par rapport à d’autres assistantes. J’avais un contrat de travail de 3 mois en mini-job, mon premier contrat de travail allemand, mais j’étais considérée comme Freelance. Cependant, j’avais mon propre bureau et je pouvais aller et venir à ma guise.

 

****

Les inconvénients : 

  • Le salaire. Cependant, dans mon cas, j’ai été payé en honoraire. C’est-à-dire à la transcription que j’avais à faire. J’ai donc gagné plus que ce que gagne une assistante en temps normal.
  • Le volume horaire. 20 heures de travail par mois, c’est très peu.
  • Il ne faut parfois pas rechigner face à la masse de travail qui peut parfois être très stressante surtout en début et fin d’année universitaire.

 

Vous l’aurez compris, le travail d’assistante de recherche est un travail vraiment intéressant. On y apprend énormément de choses et je pense que c’est réellement un excellent premier petit job à l’étranger quand on est en Erasmus. En tout cas, dans mon cas, ce fut une expérience vraiment passionnante d’autant plus quand on voit que son travail est reconnu et apprécié.

 

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. 

 

 

 

9 Comments

  1. Ophélie G.

    15 juillet 2018 at 13 h 09 min

    Très intéressante, cette expérience ! Ça a dû être vraiment sympa (et puis, la bibliothèque dans ton bureau..!). xx

    1. Nuage Nomade

      15 juillet 2018 at 13 h 27 min

      C’était je crois, le job le plus passionnant que j’ai eu de ma vie (enfin jusqu’à maintenant!)
      Et puis on rencontre des profs vraiment cool, tu sens que tu n’es plus étudiante, mais une collègue respectée et ça c’était quelque chose. On m’avait même proposé un vrai poste après l’assistanat en Autriche, mais malheureusement je n’ai pas pu retourner à Mannheim. Mais ça n’empêche que j’ai gardé un bon lien avec ces profs et qu’on est toujours en contact 2 ans après. 🙂
      Ouiiii en plus c’était juste une partie … <3

  2. Lucie

    15 juillet 2018 at 13 h 17 min

    J’adore Jérôme Ferrari, j’ai pratiquement lu toute son oeuvre, c’est une superbe opportunité que tu as eu là ! Ton article est très intéressant en effet, je ne connaissais pas du tout ce job ni ce système. Bienvenue parmi les auteurs d’Histoires Expatriées ! 🙂

    1. Nuage Nomade

      15 juillet 2018 at 13 h 30 min

      Oui c’est ce que tu m’avais dit une fois. 🙂
      J’ai eu la chance du coup de le rencontrer lors justement d’une lecture qu’il a donné à l’université et c’était passionnant. Il semble être très sympa, ouvert et très à l’écoute. Je n’ai pas osé parler avec lui, mais l’écouter était déjà impressionnant ! Je te recommande du coup, de lire l’anthologie et c’est d’autant plus intéressant qu’elle est écrite par des allemand(e)s. Merci ! 🙂

      1. Lucie

        17 juillet 2018 at 11 h 58 min

        Oui d’autant plus qu’il parle de l’Allemagne nazie dans un de ses livres, Le Principe, donc ça ne ‘étonne pas que les Allemands s’intéressent à son oeuvre 🙂

  3. Hélène

    15 juillet 2018 at 21 h 03 min

    Très agréable de lire ton article. Une belle histoire née d’un petit coup de pouce du hasard…Belle continuation à toi!

  4. Aurore

    16 juillet 2018 at 20 h 04 min

    C’est vraiment très intéressant comme expérience. J’ai une amie à moi qui l’a fait en Finlande et elle avait adoré aussi !

  5. Stéphanie

    18 juillet 2018 at 21 h 31 min

    C’est chouette, tu as eu une très bonne opportunité !

  6. Maëva's Mapa Mundi

    21 juillet 2018 at 10 h 32 min

    Wah c’est super sympa ça je connaissais pas du tout ce type de poste. Je me demande si ça existe dans tous les pays ? C’est vraiment intéressant et ça t’as fait une bonne expérience !

Leave a Reply

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.