Expatriation

#HistoiresExpatriées – L’Allemagne & mon corps

Pour ma deuxième participation au mensuel #HistoiresExpatriées, c’est Maëva du blog Maëva’s Mapa Mundi marraine de cette édition du rendez-vous qui a proposé comme thème le rapport au corps dans le pays où l’on vit. Je vous propose donc de découvrir le rapport au corps en Allemagne …


Voilà un thème vraiment pas facile à aborder. J’ai bien peur en écrivant ces quelques lignes de me retrouver à faire un article totalement bancal, sans queue ni tête. Donc je m’en excuse par avance …

Mon corps. Voilà un sujet dont j’ai énormément de mal à parler. Déjà, parce que je suis une personne extrêmement complexée je suis très dure avec moi-même, je me juge de façon très cruelle. Vous l’aurez sans doute remarqué, mais je ne me montre jamais. C’est une façon pour moi de me préserver, mais aussi parce que je ne tiens pas à me montrer à cause de mes complexes.

Jusqu’à l’âge de 10 ans, j’étais vraiment maigre et très grande pour mon âge à l’entrée au collège c’est là que j’ai commencé à changer. La puberté n’aidant pas, pas plus que les troubles alimentaires, des phases de boulimie et d’hyperphagie ont fait que je suis passée de maigre à plutôt rondelette. Je suis passée d’un 34-36 à un bon 42-44 puis à un 38-40 jusqu’à une rupture traumatisante il y a 6 ans. Depuis, les troubles alimentaires, l’endométriose et les traitements qui vont avec n’aidant pas, j’ai grossi, trop grossi. Je me cache.

« Le fait que nous nous sentions perdus dans ce monde est tout à fait normal. » 

 

Une première prise de conscience

A partir de 2010, ce qui coïncide avec mon tout premier séjour à Hambourg qui a duré 3 mois. Ma perception du corps a changé, je commençais à grandir et à m’ouvrir. J’ai découvert un pays où l’on se fiche totalement de ce que vous pouvez porter ou pas, que vous soyez maigre ou grosse et je trouvais ça tout simplement fou. Ca faisait du bien, quel poids en moins. Je me suis retrouvée à nager toute habillée dans l’Elbe et à m’en foutre royalement, à me retrouver en soutien-gorge toute trempée mais là encore, je me sentais tellement libre que je n’y prêtais aucune attention. Puis j’ai commencé à aller en Allemagne, de plus en plus, je me sentais tellement bien à Berlin, c’était également le début des premiers émois allemands, je me sentais suffisamment bien avec mes 60 kilos et ma taille 40, j’étais toujours considérée comme rondelette, mais je me sentais en confiance. Il faut aussi savoir que l’ex en question été un adepte du FKK ou plus simplement du naturisme. Chose vraiment très très ancrée dans la société allemande, au sauna qui est mixte, on est totalement nu(e) et que vous soyez petite ou grande, ronde ou maigre personne ne vous jugera ni vous regardera. Au bord des lacs berlinois, c’est pareil ou même dans les parcs où il y a des parties strictement réservés aux personnes pratiquant le naturisme. Depuis cette époque, ma perception du corps a changé, je commençais à me sentir bien et en accord avec moi-même, puis la rupture fracassante est arrivée et à détruit tout sur son passage.

 

Erasmus et ses résolutions

Septembre 2015, j’arrive à Mannheim avec mon endométriose plus ou moins contenue, mes complexes, mais surtout avec la terrible envie de sortir de ce marasme dans lequel je me trouve depuis 3 ans. Je décide donc de m’inscrire à la salle de sport, je tiens pendant un mois, mes efforts commencent à payer jusqu’à ce qu’une amie vienne me rendre visite et que le quotidien s’installe.
Néanmoins, je fais de gros efforts au niveau de mes vêtements, je me sens enfin bien. Je suis dans le pays que j’aime, prête à enfin changer les choses. Adieu donc les vêtements aux couleurs sombres et bonjour les blouses, les tops à fleurs et veste kaki style militaire. Je retrouve mon style bohème-casual et j’adore ça. Je découvre également avec ma meilleure amie la marque Benefit et je craque. Je m’achète mon premier rouge à lèvres à Berlin, un Dior, un beau rouge. Je me sens bien, je commence à m’accepter malgré mes kilos. Je fais un bon 44, mais je m’en fiche, je suis en Allemagne et je me sens à l’aise avec mon corps. Mais tout changera en Autriche.

Deux ans après cette année en Allemagne, je m’apprête à repartir dans un peu plus de 15 jours avec cette volonté de venir à bout de mes kilos en trop. Non pas à cause du regard des autres, mais pour ma santé et mon bien-être et parce qu’il est temps pour moi d’arrêter de me cacher.

 

 

 

Cet article participe au RDV #HistoiresExpatriées organisé par le blog L’occhio di Lucie. 

 

 

 

*Photo de couverture : « Combattre, tu dois ! »

 

11 Comments

  1. Ophélie G.

    17 août 2018 at 2 h 17 min

    Je te tiens compagnie pour les 15 kilos à perdre aussi si tu veux.. Ton parcours ne m’est que trop familier ! xx

    1. Nuage Nomade

      17 août 2018 at 11 h 55 min

      C’est pas que 15 kilos que je ne dois perdre, mais je veux bien ! Ca nous motivera et nous encouragera à tenir. Honnêtement, ça été difficile d’écrire cet article, mais bizarrement, c’est sorti tout seul …

  2. Maëva's Mapa Mundi

    17 août 2018 at 12 h 31 min

    Quand j’ai proposé le thème, je me suis dit qu’il me servirait d’éxutoire et je vois que je ne suis pas la seule. Je comprends que ça puisse être un sujet très difficile qui en a fait douter plus d’une. Mais je sens que tes mots ont coulé seule et que peut-être tu avais besoin d’en parler…merci de ton partage. X

    1. Nuage Nomade

      18 août 2018 at 16 h 02 min

      Tu as bien fait finalement! Merci de l’avoir proposé encore une fois. Honnêtement, c’est sorti tout seul et ce qui est d’autant plus intéressant c’est que l’après-midi j’étais avec une amie qui était assistante de français en Autriche et justement on parlait de nos complexes et qu’il été justement temps pour moi de sortir de tout ça une bonne fois pour toute. Donc oui, dans le fond je pense que j’en avais besoin. 🙂

  3. Mon pays et mon corps #HistoiresExpatriées – Maëva's Mapa Mundi

    17 août 2018 at 12 h 47 min

    […] Allemagne, Miryam se livre dans un article exutoire sur l’endométriose et le poids, qui est bon de […]

  4. Lucie

    17 août 2018 at 19 h 39 min

    Je trouve très intéressant le fait que beaucoup de témoignages se recoupent dans le sentiment de libération ressenti à l’étranger, que ce soit dû aux saunas, à la mode, etc… Il y a une vidéo de Karambolage sur les cheveux roses et l’expérience d’une jeune femme à Berlin où elle s’est sentie libérée, et son retour en France (à Science-Po Paris tu peux imaginer) et la perception que les autres avaient d’elle. Tiens tu peux voir la vidéo ici si tu ne la connais pas déjà : https://www.youtube.com/watch?v=sGiRNCD0h1c
    En tous cas, je te souhaite du courage sur le chemin d’acceptation de toi et de trouver un équilibre où tu sois bien dans ta peau, peu importe la taille sur l’étiquette en fait. Peut être qu’écrire cet article est déjà un premier pas ? Je te le souhaite 🙂

    1. Nuage Nomade

      18 août 2018 at 16 h 12 min

      Oui, c’est clairement ce que moi j’ai ressenti. Un véritablement sentiment de liberté comme si tu pouvais véritablement être toi sans que qui que ce soit te le fasse remarquer. En faite, en Allemagne ce que j’ai compris c’est que tu peux même te mettre totalement nue dans la rue : on s’en fout ! C’est profondément libérateur je trouve ! Merci pour la vidéo, je ne la connaissais pas effectivement. C’est amusant, mais pas vraiment étonnant. Et dans le fond j,’étais un peu comme elle à mon retour d’Autriche, deux Miryam, laquelle vaincra ? On verra ça …
      C’est très gentil à toi. Je pense que c’est déjà un pas important. Je me suis fixée des objectifs et j’espère que cette fois, je serais assez forte pour tenir le coup. 🙂

  5. Aurore

    18 août 2018 at 15 h 19 min

    Bravo pour cet article très personnel ! Je retrouve en effet pas mal de choses de la Finlande, le naturisme en moins ! Il est plutôt pratiqué de manière inofficiel en Finlande, 5 millions de personnes sur un pays grand comme la France, du coup beaucoup de camping sauvage, pas besoin d’une zone particulière !

    1. Nuage Nomade

      18 août 2018 at 16 h 13 min

      Merci Aurore! Je pense que c’est la mentalité nordique qui fait que les deux pays se retrouvent sur certains points. Haha ça c’est bien pratique, ça doit être génial. Un vrai sentiment de paix et en communion avec la nature.

  6. Liz

    22 août 2018 at 11 h 29 min

    Merci pour ce partage ! La différence entre l’Allemagne (sauna mixte) et le Koweït (salle de sport non mixte, par exemple haha) me font sourire. Parce qu’au final, dans les deux cas on voit son corps différemment qu’en France, même si le cheminement n’est pas le même.
    Je crois que, personnellement, le fait de me pencher réellement sur mon corps, sur mon bien être, sur ma santé, ont été une nécessité pour ne pas sombrer dans une grosse déprime liée à la solitude que je vivais au début de mon expatriation.

  7. Adeline

    8 septembre 2018 at 11 h 34 min

    Mimi d’amour ❤️ Tu es très courageuse ! Les regards en France sont très critiques malheureusement, certaines personnes ont une fermeture d’esprit qui est mortifère. Je suis contente de voir que l’Allemagne te permet de te débarrasser de ces appréhensions qui se sont créées en France !

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