Ah, le retour d’expatriation …

Le fameux retour d’expatriation, voilà un bien vaste sujet. Pour certains le retour au pays est un jeu d’enfant et pour d’autres, c’est bien plus délicat …

Cela fait près de deux mois (déjà!) que je suis revenue en France. C’est fou, j’ai réellement l’impression que je revenais juste hier avec mes deux énormes valises, mon gros sac et mon sac à dos sur le dos. 9 mois, c’est long et court en même temps quand on y pense. Me voilà donc en France. En rentrant, je pensais que ce serait momentané, mais comme je l’ai raconté dans un autre article, c’est bien plus compliqué que ça. Du coup, il faut recommencer à s’habituer à une nouvelle façon de vivre et ça passe par pas mal de choses …

Se réadapter …

Il faut se réadapter. Je pense que c’est un des points les plus délicats, c’est réellement difficile de dire « adieu » à 5 ans d’indépendance dont 2 ans d’expatriation. Revenir vivre chez ses parents, retrouver sa chambre d’ado, la cuisine de maman. Quand on est là-bas se sont des choses qui nous manquent, mais une fois de retour on a qu’une envie repartir aussi vite. Après, je dois bien l’avouer, je suis réellement heureuse de retrouver ma maman. Ça fait du bien tant pour elle que pour moi, mais dans le fond nous savons toutes les deux que ma place n’est pas ici. J’essaye donc de faire abstraction de tout ça et de profiter d’elle au maximum.

Vie sociale où es-tu ? 

Il faut se constituer une nouvelle vie sociale ou retrouver celle qu’on avait avant.
Pour être honnête, depuis que je suis revenue, je passe le plus clair de mon temps avec ma mère. Ce qui est totalement normal, vous allez me dire.
Entre les rendez-vous à l’hôpital, les traitements et les séances de kiné croyez-moi on n’a pas vraiment le coeur à sortir même si ça nous ferez le plus grand bien. Et je dois bien l’avouer, je me sens très coupable si je sors et que je la laisse. J’ai toujours peur qu’il se passe quelque chose. La seule sortie que je me suis autorisée, c’est de voir mon amie Marie qui était elle aussi assistante à Villach. Nous nous sommes retrouvées pour un café et une balade au Jardin du Luxembourg une après-midi. Je ne sais pas si c’est ma nature assez casanière qui influence beaucoup mon comportement, mais je pense qu’une part de moi a juste envie d’être au calme.

Se sentir perdue … 

Quand on revient, clairement, on se sent perdu. Parmi les rares sorties, il y a eu le supermarché et le métro et comment vous dire …
J’étais complètement perdue de chez perdue. Moi qui d’habitude ai un excellent sens de l’orientation, j’ai eu un mal fou à me repérer. Faire juste le trajet du XVIIIe arrondissement au Jardin du Luxembourg était une sacrée épreuve : le métro, les odeurs (Paris, mais qu’est ce qu’il t’arrive?!), les gens, le chemin. Ça m’a paru totalement démesuré. Je ne savais plus ou aller ni même utiliser les bornes pour acheter un ticket. Au supermarché, c’était pareil, du monde et un peu perdu entre les produits, j’ai perdu l’habitude des grandes surfaces et du choix énorme des produits. À Mannheim, j’ai toujours fait mes courses chez Rewe et en Autriche chez Spar. Du coup se retrouver chez Carrefour ça fait un choc …

Bonjour nostalgie 

Et puis il y a la nostalgie et c’est assez dur émotionnellement. Dés qu’on parle d’Allemagne ou d’Autriche, je ne peux pas m’empêcher de faire des remarques quand je regarde une émission par exemple. Pour vous dire, à l’instant où j’écris cet article je viens de voir un reportage dans le Journal de 20h sur l’Allemagne et j’avais juste la larme à l’oeil…
C’est valable même pour les photos, depuis mon retour, je n’ai toujours pas fait le tri de mes photos. C’est peut-être sans doute une façon de ne pas tourner la page …

Toutes ces choses, je pense résument assez bien ce que peut-être le retour d’expatriation. On passe par diverses émotions, on a l’impression de vivre ici, mais plus vraiment ici. Comme toujours en partance …

 

Vous l’avez vécu comment vous, votre retour d’expatriation ? Ça été compliqué à gérer ? 

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10 Comments

  1. Itineramagica

    26 juillet 2017 at 14 h 30 min

    Toi, je sens que tu vas repartir ❤️

    1. Nuage Nomade

      26 juillet 2017 at 19 h 02 min

      Oula, je n’y suis pas encore … Pour le moment j’attends, on verra bien.

  2. Camille F. - Voyages et Compagnie

    26 juillet 2017 at 17 h 38 min

    Je ne suis partie « que » 8 mois et, déjà, le retour a été difficile. Alors je n’imagine même pas ce que ça doit être lorsqu’on s’expatrie pendant des années. En tout ças, très chouette article que tu proposes là. 🙂

    1. Nuage Nomade

      26 juillet 2017 at 19 h 04 min

      8 mois c’est quand même énorme, surtout à l’autre bout du monde. C’est pas rien. En faite, en soi, ce qui est le plus délicat c’est quand tu enchaînes les expatriations (dans mon cas) et surtout le fait d’être en ce moment en « attente ». Je pense que ça n’aide vraiment pas non plus.
      Merci ! ❤

  3. Aurore

    26 juillet 2017 at 19 h 38 min

    C’était déjà assez dur après mes 6 mois en Finlande alors après 5 ans comme toi ça doit l’être encore plus. Pourtant, je sais que c’est rien mais j’ai tellement changé en 6 mois là-bas que le retour m’a fait tout drôle !

    1. Nuage Nomade

      27 juillet 2017 at 22 h 28 min

      6 mois c’est pas rien je t’assure. C’est vraiment pas rien : on change, on grandit, on mûri … Surtout si tu pars loin de chez toi. Ça peut vraiment être difficile aussi. Après de mon côté 5 ans y a aussi le fait que j’ai habité seule pour mes études à Lyon, et les deux expatriations. Du coup oui, c’est assez rude mais bon, il faut s’accrocher !

  4. Charly

    28 juillet 2017 at 11 h 59 min

    Dis moi si je me trompe (je n’ai encore pas vécu le fameux « retour au pays » mais j’ai l’impression quand on vis l’expatriation, qu’on est des éternels insatisfaits. Quand on est loin de chez nous, notre pays nous manque, on a des coups de blues, ect… Et quand on reviens, finalement, on ressent la même chose pour notre pays d’accueil. Comme si notre cœur ne peut se satisfaire que d’un seul pays et qu’on ne se sent jamais totalement comblé.

    1. Nuage Nomade

      5 août 2017 at 14 h 37 min

      Je pense que oui, c’est le sentiment qui se ressent le plus chez les expats qui rentrent. Cette ambivalence, comme si on était tiraillé entre les deux. En faite, dans mon cas, c’est vraiment pas du tout ce que je ressens. Mon pays me manquait parfois mais pas trop, ma famille mais c’était un cas particulier (ma mère étant malade) mais je n’ai jamais ressenti autre chose que ça, peut-être parce que mon objectif a toujours était de partir …

  5. Vai en vadrouille

    2 août 2017 at 13 h 18 min

    Je considère mon départ pour mes études en France métropolitaine comme une expatriation, parce que j’ai du quitter mon pays, la Polynésie, ma famille et tout ce que je connaissais, pour un pays où j’allais tout réapprendre.
    En te lisant, je me rends compte qu’on vit tous un peu la même chose : ma famille me manque beaucoup, et souvent il m’arrive de vouloir la retrouver, mais une fois que j’en ai l’occasion, ça va bien quelques jours et je me rends compte que je dois me réadapter, réapprendre à vivre chez mes parents, sur mon île, essayer de renouer avec mes amis d’avant mais sans grande envie sauf pour une poignée d’entre eux, etc. C’est étrange comme sensation, celle de ne plus vraiment se sentir chez soi, ni chez mes parents, ni en Métropole où je n’ai pas d’attache ni de pied-à-terre.
    Bon courage Myriam, et prends le temps qu’il faut pour créer et apprivoiser cette nouvelle vie.

    1. Nuage Nomade

      5 août 2017 at 14 h 44 min

      Dans ton cas, je pense que ce doit être encore plus difficile, la Polynésie ce n’est pas la porte à côté. C’est l’autre bout du monde et c’est clairement pas évident. Mais oui, c’est exactement ça. On ne se sent plus chez nous nul part et j’avoue que parfois c’est vraiment pas facile.
      C’est gentil, mais dans mon cas c’est peut-être plus délicat dans la mesure où il était prévu que je reparte malheureusement les choses ne se passent pas toujours comme on le voudrait …

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